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Les
dangers de trop vouloir bien faire
Pourtant,
les parents qui recherchent trop
la réussite de leurs enfants
(avec une forte tendance obsessionnelle)
risquent bien d’obtenir des
résultats décevants.
Il est vrai que dans notre société,
guidée par la performance,
la compétition, avec en toile
de fond le spectre du chômage,
il est facile pour les parents de
tomber dans le travers de cet extrême
: celui de la performance chez leurs
enfants, du toujours plus, avec
l’intention louable d’assurer
un avenir professionnel. Mais ne
vaut-il pas mieux en faire trop
que pas assez ? C’est une
croyance assez répandue qui
s’avère bien fausse.
Il est préférable
de laisser s’amuser un enfant
plutôt que lui imposer un
rythme de devoirs et d’activités
soutenu. De nombreuses études
en psychologie ont démontré
que les adolescents ayant des familles
où la pression de «
l’excellence » est forte
connaissent un taux de dépression
et d’anxiété
très supérieur à
la moyenne. La pression des bons
résultats et le stress généré
peuvent conduire vers la spirale
de l’échec scolaire
et créer les conditions du
dégoût des études
et de l’école. Bref,
on obtient l’effet inverse
de celui recherché.
Cette
hyper-éducation (hyper-parenting
en anglais) est un phénomène
qui prend de d’ampleur aux
Etats-Unis. Depuis que les couples
ont moins d’enfants (un ou
deux) et que les familles deviennent
de moins en moins nombreuses, les
parents concentrent davantage leur
attention sur l’éducation
de leur progéniture. Richard
Koestner, professeur au Département
de psychologie de l’Université
McGill, et Isabelle Gingras, docteur
en psychologie de l’Université
de Stanford, travaillent sur ce
phénomène d’
hyper-éducation.
Faut-il alors prôner un certain
laisser-aller dans l’éducation
? Bien sûr que non. En fait,
tout est une question de dosage.
Il est nécessaire, par moments,
d’insister et de faire pression
sur l’enfant pour que les
devoirs soient faits pour le lendemain
par exemple. Encourager à
s’engager dans une activité
extra-scolaire ne peut être
que bénéfique. Mais
il ne faut pas que cela tourne à
l’obsession.
Richard Koestner s’interroge
plutôt sur les répercussions
de l’hyper-éducation
sur l’équilibre de
la vie familiale : « Personnellement,
je m'inquiète du fait que
l'hyper-éducation déséquilibre
la vie des parents. Certains peuvent
se retrouver à négliger
leur vie de couple, leurs amis ou
leur propre développement
personnel parce qu'ils sont trop
occupés à faire tout
leur possible pour maximiser le
potentiel de leur enfant ».
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Sous
quelle forme se manifeste l'hyper-éducation
?
L’hyper-éducation
se caractérise principalement
par les trois points suivants :
1.
Un investissement excessif des parents
qui conduit à une sur-implication
: concrètement, c’est
s’attacher à régler
la vie de l’enfant jusque
dans les moindres détails,
comme par exemple celui de choisir
les copains et copines (ce qui ne
veut pas dire qu’il faille
être négligeant sur
les types de fréquentations)
et amener l’enfant à
s’allier d’amitié
avec tel ou tel autre enfant.
2. Un surnombre
d’activités extra-scolaires
chez l’enfant (hyperactivité).
Par exemple, dès la sortie
de l’école Nathalie
se rend à son cours de piano,
et cela 3 fois par semaine. Les
autres jours c’est la natation
agrémentée d’un
programme intensif d’entraînement
le mercredi pour être suffisamment
performante le jour des compétitions.
Enfin, le week-end c’est la
fréquentation d’un
club d’échec qui ne
peut être que salutaire pour
le développement intellectuel.
Les parents de Nathalie sont, certes,
animés de bonnes intentions
pour leur fille. Pourtant ils ne
s’aperçoivent pas qu’ils
sont en train de la surcharger et
de la fatiguer par une pression
constante exercée par ces
multiples activités. Mais
attention !!! Cela est tout autre
chose si c’est l’enfant
lui-même qui est demandeur,
soit par passion, soit par la nécessité
de se défouler pour vider
son trop-plein d’énergie.
3.
Une protection exagérée
des parents, c’est le syndrome
de la mère poule. A vouloir
lui éviter tous les dangers,
en réglant tous les problèmes
à sa place dans le but louable
de le mettre dans les meilleures
conditions possibles, l’enfant
n’apprend pas ou mal à
être autonome. Dans la vie
adulte il aura alors bien du mal
à surmonter les obstacles
qui ne manqueront pas de se dresser
sur sa route.
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