La
cyberformation* occupe une place
sans cesse plus grande dans l'enseignement
supérieur, puisque les universités
augmentent leur offre dans ce domaine
et qu'un nombre toujours plus élevé
d'étudiants y ont recours.
Pour autant, cette évolution
modifie-t-elle vraiment les pratiques
pédagogiques des universités
et les modes d'apprentissage des
étudiants ou permet-elle
simplement aux étudiants
d'utiliser le traitement de texte
pour rédiger leurs dissertations
et aux professeurs d'envoyer par
courrier électronique des
listes d'ouvrages à lire
ou les travaux à effectuer?
Pour
repondre à ces questions,
l'OCDE a réalisé une
enquête sur la cyberformation
dans 14 établissements d'enseignement
supérieur répartis
dans 13 pays. Grâce à
son partenariat avec l'OBHE (Obseruatory
on Borderless Higher Education),
basé au Royaume-Uni, elle
a pu compléter ces informations
qualitatives avec des données
quantitatives provenant d'une enquête
sur la formation en ligne menée
en 2004 auprès d'universités
de pays membres du Commonwealth.
La présente Synthèses
examine les résultats de
ces enquêtes ainsi que l'évolution
future probable de la cyberformation
dans les universités.
Les
formations tributaires du Web exigent
des étudiants qu'ils utilisent
l'Internet pour des aspects essentiels
du programme - discussions électroniques,
évaluation en ligne ou projet/travail
collaboratif en ligne - mais sans
réduction significative du
temps d'enseignement en présence.
Dans
les formations mixtes, la cyberformation
commence à remplacer l'enseignement
en présence. Échanges
de vues, évaluation ou projet/travail
collaboratif en ligne remplacent
certaines activités d'enseignement
et d'apprentissage en face à
face. Dans cette formule, la présence
sur le campus reste cependant importante.
Lorsque
les formations sont proposées
intégralement en ligne, les
étudiants peuvent suivre
les cursus proposés par une
université même s'ils
se trouvent dans une autre ville,
dans un autre pays ou dans un autre
fuseau horaire.
Les
étudiants ont de plus en
plus recours à la cyberformation
mais dans la plupart des établissements
traditionnels, les programmes au
moins tributaires du Web représentent
globalement moins de 5% de l'effectif
total scolarisé.
Les
types de cyberformation proposés
par les universités couvrent
toutes les possibilités en
la matière mais dans la plupart
des établissements traditionnels,
l'accroissement de ces activités
en ligne n'a pas modifié
le fait que l'enseignement en présence
continue d'occuper une place prédominante.
Contrairement à ce que la
bulle Internet laissaitprévoir,
les formations en ligne à
distance, en général,
et les activités transnationales
de cyberformation que suivent des
étudiants en dehors du pays
où se situe le principal
campus de l'établissement,
ne semblent pas dans l'ensemble
avoir eu un développement
significatif. Dans la plupart des
établissements, les activités
de cyberformation suivies de l'étranger
représentent un phénomène
périphérique entrepris
à petite échelle.
....
• Les
activités de cyberformation
concernent pour la plupart des modules
plutôt que l'ensemble d'une
formation et on constate qu'en prélicence
elles viennent pour l'essentiel
compléter les enseignements
assurés sur place. Les programmes
diplômants comprenant une
présence en ligne significative
sont plus courants en postlicence,
peut-être parce que la formation
en ligne convient davantage à
l'étudiant d'âge mûr,
qui souhaite par exemple conjuguer
des études avec une vie familiale
ou professionnelle.
....
• L'intensité
de la formation en ligne varie aussi
considérablement d'une discipline
à l'autre : l'informatique
ainsi que la gestion et le commerce
sont les disciplines le plu souvent
citées parmi celles qui ont
largement recours à certaines
activités de cyberformation,
en particulier pour les formations
mixtes et intégralement en
ligne.
....
• Toutefois,
même si la cyberformation
s'implante avec lenteur, les établissements
ont clairement le sentiment qu'ils
doivent la proposer. Les établissements
étudiés possèdent
quasiment tous une stratégie
centralisée de formation
en ligne ou sont en train d'en élaborer
une. En 2004, parmi les 122 établissements
du Commonweaith qui ont répondu
à l'enquête de l'OBHE,
9% seulement ne s'étaient
pas eux-mêmes dotés
d'une stratégie de formation
en ligne ou n'avaient pas planifié
l'élaboration d'une telle
stratégie, contre 18% en
2002. à l'enquête de
l'OBHE, 9 seulement ne s'étaient
pas eux-mêmes dotés
d'une stratégie de formation
en ligne ou n'avaient pas planifié
l'élaboration d'une telle
stratégie, contre 18% en
2002.
....
• À
court et à moyen termes,
les formations assurées intégralement
en ligne dans les établissements
traditionnels resteront très
certainement minoritaires. Les universités
ont davantage dans l'idée
d'améliorer les programmes
dispensés sur place en utilisant
les formations en ligne pour ménager
une plus grande souplesse et élargir
les contenus d'enseignement. Elles
se disent assez peu intéressées
par l'utilisation de la cyberformation
pour créer de nouveaux débouchés
ou se développer à
l'international ou encore pour réduire
leurs coûts en diminuant la
fraction de leur enseignement qu'elles
assurent en présence.
....
• Les
établissements d'enseignement
supérieur ont en général
le sentiment que la cyberformation
a un effet globalement positif sur
la qualité des processus
d'enseignement et d'apprentissage
mais rares sont ceux qui sont à
même de fournir des données
détaillées en témoignant.
On dispose d'amples preuves indirectes,
provenant notamment des enquêtes
de satisfaction menées auprès
des étudiants, mais elles
ne suffisent sans doute pas pour
contrebalancer les doutes qu'étudiants
et universitaires nourrissent le
plus souvent au sujet de la valeur
pédagogique des formations
en ligne. L'une des raisons de ce
scepticisme réside probablement
dans le fait que la cyberformation
n'a pas réellement révolutionné
le processus d'acquisition et d'enseignement
de connaissances, même si
elle offre d'ores et déjà
des expériences extrêmement
intéressantes.
....
• Les établissements
sondés, tout en se disant
très intéressés,
se trouvaient confrontés
à une diversité de
difficultés essentiellement
culturelles et pédagogiques
les empêchant de généraliser
l'adoption de ce modèle.
Au nombre de ces difficultés,
on peut citer les réticences
du corps enseignant à utiliser
les matériels développés
par des tiers et les préoccupations
concernant la réutilisation
des matériels et les droits
d'auteur. Bien que les établissements
s'intéressent de très
près aux objets pédagogiques,
ils continuent d'estimer que ces
outils ne sont pas arrivés
à maturité.
*La
cyberfbrmation désigne l'utilisation
des technologies de l'information
et de
la communication (TIC) pour renforcer
et/ou faciliter l'acquisition de
connaissances dans l'enseignement
supérieur. Cette activité,
cependant, recouvre un large éventail
de possibilités puisqu'elle
désigne aussi bien l'utilisation
par les étudiants de la messagerie
électronique et leur accès
à des formations en ligne
en parallèle avec une formation
en présence que les cursus
proposés intégralement
en ligne.
Synthèses
de l’OCDE (janvier 2006) «
la cyberformation dans l’OCDE
». Adaptation et résumé
du texte: Sophie Ravier

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