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De la Chine impériale à la Chine communiste, il est une logique qui n'a pas varié d'un iota en matière d'éducation : celle de la concurrence et de l'hyper-sélection, d'un bout à l'autre du parcours scolaire. La culture du concours -et donc du classement- est profondément enracinée dans les mentalités. Dès leur plus jeune âge, les petits Chinois savent qu'ils devront être les meilleurs pour se démarquer de leurs camarades. Ainsi, si le concours d'entrée à l'école primaire a été supprimé, il demeure bel et bien pour accéder au collège (c'est le Zhongkao), et, surtout, à l'université (Gaokao). Le Gaokao est un véritable baccalauréat à la chinoise, pour lequel on se prépare des années à l'avance tant l'enjeu est énorme pour les familles: en cas d'échec, l'enfant -souvent unique- se retrouve exclu du système éducatif conventionnel. En 2005, ce concours couperet a compté 8 millions de candidats et affiché un taux d'admission de 55%.
En 2007, les chiffres étaient de 10 millions et 56% d'admis.
La sélection est donc rude pour des jeunes âgés de 18 ou 19 ans. Au programme, trois matières obligatoires (le chinois, l'anglais et les mathématiques) ainsi qu'une épreuve de synthèse soit scientifique, soit littéraire. Il y a pourtant moyen de grappiller quelques points supplémentaires: certaines minorités ethniques y ont droit automatiquement, ainsi que les Chinois d'Outre-Mer ou les enfants de Chinois ayant « oeuvré pour la patrie », les élèves modèles durant toute leur scolarité ou ceux présentant des aptitudes sportives ou artistiques. Certains élèves, environ 5000 par an, sont même dispensés de Gaokao: les lauréats d'olympiades ou de concours nationaux, les meilleurs élèves de certains lycées, ou les élites provinciales. La destinée universitaire des lycéens dépend entièrement de leurs résultats au Gaokao.
Chacun formule quatre vœux d'établissements, dans trois disciplines d'études. En pratique, si l'étudiant n'est pas pris par l'université de son premier choix, il ne maîtrise plus grand-chose du processus d'affectation. Une fois admis dans une discipline, il ne pourra plus changer, à moins de repasser le Gaokao! Une très grande majorité d'étudiants chinois seraient ainsi insatisfaits de leur discipline d'étude... De plus, alors que le système semble basé sur la méritocratie la plus élémentaire, il existe en réalité un biais géographique très fort, car les universités recrutent un plus grand nombre d'étudiants originaires de leur propre province. Or, c'est à Pékin que se trouvent les plus prestigieuses... Il est donc plus facile à un étudiant de la capitale d'entrer dans une grande fac qu'à un étudiant de province, qui devra obtenir de bien meilleurs résultats pour avoir sa chance.
Nota: Sources pour les données statistiques : Ambassade de France en Chine et bureau national des statistiques de Chine et rapport d'information du Sénat sur le système d'enseignement supérieur et de recherche chinois (2005).
Texte / auteur: - Sarah Piovezan

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