Le
taux de chômage des jeunes
âgés de 15 à
24 ans se situe toujours autour
de 20 % en 2005, soit à un
niveau pratiquement identique à
celui qui prévalait 10 ans
plus tôt, et à environ
sept points de pourcentage au-dessus
de la moyenne de l’OCDE (voir
tableau joint).
Dans
"Des emplois pour les jeunes
: Belgique", on constate que
le chômage touche d’abord
les jeunes peu diplômés,
surtout quand ils habitent la Région
bruxelloise et la Région
wallonne. Il est particulièrement
préoccupant de constater
que 12 % des jeunes sont à
la fois sans emploi et en dehors
du système éducatif.
De même, les premiers emplois
occupés par les jeunes sont
plus fréquemment temporaires
et à temps partiel qu’il
y a dix ans, la précarité
restant cependant en-dessous de
la moyenne européenne.
Comme
dans les autres pays de l’OCDE,
le marché du travail est
de plus en plus sélectif
et un manque de qualifications pertinentes
est associé à un risque
accru de chômage. Quel que
soit le niveau de diplôme,
les premières expériences
sur le marché du travail
conditionnent fortement la suite
de la trajectoire professionnelle.
Un bon départ facilite l'insertion,
alors qu'un échec est difficile
à rattraper. Si les réformes
récentes comme la procédure
d’activation du comportement
de recherche d’emploi ou le
Pacte de solidarité entre
les générations vont
dans la bonne direction, elles ne
seront pas suffisantes.
Pour
parvenir à ces objectifs,
l’OCDE fait un certain nombre
de recommandations. Elle invite
les autorités belges notamment
à :
-
intervenir tôt et de manière
coordonnée et soutenue. En
Belgique, on agit souvent trop tard
une fois que le décrochage
scolaire s’est déjà
installé. Des actions coordonnées
auprès des enfants, de leurs
familles, des enseignants et des
travailleurs sociaux doivent être
menées, avant même
l’âge de scolarité
obligatoire, pour prévenir
l’échec scolaire.
-
réformer l’enseignement
en alternance pour y attirer plus
d’élèves, même
les meilleurs. En Belgique, l’enseignement
secondaire à horaire réduit
est une filière de relégation
pour les élèves qui
n’ont pas réussi dans
la filière générale.
Ce n’est pas le cas dans de
nombreux autres pays de l’OCDE
qui ont un système d’apprentissage
performant comme en Allemagne, en
Autriche ou en Suisse ou qui ont
réussi à revaloriser
les parcours en alternance comme
en France.
-
garantir aux jeunes à la
sortie de l’école un
accompagnement sélectif et
actif pour trouver un emploi et
non principalement l’accès
à une allocation de chômage.
La Belgique est le seul pays de
l’OCDE qui offre automatiquement
après une période
d’attente de six à
douze mois aux jeunes de moins de
30 ans qui n’ont jamais travaillé
une allocation d’assurance-chômage
(l’allocation d’attente)
pour une durée illimitée.
L’OCDE propose que cette allocation
soit supprimée à terme
pour améliorer les incitations
au travail. Dans l’immédiat,
son octroi devrait être conditionné
à la recherche active d’un
emploi ou à la participation
à une mesure active pendant
au moins trois mois et sa durée
devrait être limitée
à quatre ans.
-
cibler les aides à la formation
professionnelle en entreprise sur
les jeunes demandeurs d’emploi
les moins qualifiés. Ces
aides sont surtout utiles aux jeunes
qui ont rarement accès à
une formation sur le tas. En Belgique,
elles représentent trop souvent
une aubaine pour l’employeur
qui sélectionne lui-même
son candidat.

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