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Le caractère limité, voire parfois très limité, des ressources empêche d'utiliser plus efficacement les TIC à des fins éducatives dans la plupart des pays de l'OCDE. Ainsi, les données recueillies à l'occasion de l'Enquête ISUSS montrent qu'en Irlande et au Mexique, les chefs d'établissement déclarent que trois quarts de tous les élèves du deuxième cycle du secondaire pâtissent du nombre insuffisant d'ordinateurs, et une proportion équivalente de l'obsolescence des équipements. Même des pays comme le Danemark et la Norvège, où les établissements sont plutôt richement pourvus d'ordinateurs, font état de l'insuffisance ou de l'obsolescence de leur équipement .
Les contraintes qui excluent d'utiliser les TIC pour améliorer la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage ne se résument pas à un problème d'investissement dans du matériel. Elles peuvent aussi tenir, comme nous l'avons évoqué précédemment, à une sous-utilisation des matériels disponibles.
Elles peuvent par ailleurs résulter de la teneur des politiques nationales en matière de ressources en TIC. Lorsque, par exemple, ces politiques ont pour objectif d'atteindre un nombre donné d'élèves par ordinateur, ou une proportion donnée d'établissements, ou de classes, raccordés à l'Internet, les établissements scolaires peuvent ne plus être en mesure d'acquérir d'autres types de matériel (appareils photos numériques, scanners et imprimantes couleur, par exemple) qui pourraient pourtant leur permettre d'intégrer mieux ou avec plus d'ingéniosité les TIC aux processus pédagogiques.
De tels blocages pourraient être évités si la définition des priorités en matière de ressources informatiques laissait une plus grande marge de manœuvre.
Les réponses des chefs d'établissement à cette enquête ISUSS ont mis en évidence quatre obstacles à la réalisation de leurs objectifs en matière de TIC, qui chacun touchait au moins 60% de tous les élèves dans la zone de l'OCDE :
• Il est difficile d'intégrer l'ordinateur dans l'enseignement en classe. • Il est difficile de prévoir une place suffisante pour l'informatique dans l'emploi du temps. • Les enseignants ne savent pas bien utiliser l'ordinateur comme outil pédagogique. • Les enseignants n'ont pas assez de temps pour préparer les cours à l'aide de l'ordinateur
Ces quatre problèmes ont peu de chances d'être résolus si l'on ne s'attaque pas à ceux qui sont liés à l'emploi du temps, aux savoirs et savoir-faire des enseignants en informatique et à la répartition du temps dans les établissements.
L'informatique à l'école ne va pas, à elle seule, permettre d'améliorer les résultats scolaires. Les compétences des enseignants et l'organisation de l'école sont des facteurs essentiels dont il faut s'occuper. Le manque d'intérêt des enseignants pour les TIC ou leur réticence à les utiliser ne semblent pas être les principaux obstacles : l'Enquête ISUSS a démontré que dans les pays examinés un tiers environ seulement des élèves fréquentaient des établissements dans lesquels ce problème était signalé comme un obstacle, alors que les deux autres tiers se trouvaient dans des écoles où c'était la difficulté à intégrer l'ordinateur dans le déroulement des cours qui était incriminée.
Certes, ces dernières années, quelques pays de l'OCDE se sont attelés sérieusement au problème des compétences en TIC des enseignants. Ils ont investi des ressources considérables pour doter ces personnels d'ordinateurs et leur proposer des programmes de formation à ces technologies.
L'Enquête ISUSS a révélé que dans tous les pays examinés sauf en Belgique (Communauté flamande), en France et en Italie, l'accès à l'ordinateur était meilleur pour les enseignants que pour les élèves . Il en est aussi ressorti qu'au Danemark en 2000-01, la moitié de tous les enseignants du deuxième cycle du secondaire avaient suivi des activités de perfectionnement liées aux TIC et qu'en Finlande et en Norvège, le chiffre correspondant était supérieur à 40% . Toutefois, on peut raisonnablement se demander si la formation à l'informatique dispensée aux enseignants suffit et si elle est adaptée. Par exemple, si au Danemark, en Finlande et en Norvège, une forte proportion d'enseignants a reçu une formation en rapport avec les TIC en 2000-01, les chefs d'établissement norvégiens ont signalé que 87 % des élèves du deuxième cycle du secondaire fréquentent des établissements qui ne peuvent atteindre leurs objectifs en matière de TIC du fait que les enseignants ont une maîtrise insuffisante de l'ordinateur à des fins pédagogiques.
Au Danemark et en Finlande, les chiffres correspondants sont respectivement de 59% et 66% . Afin de tirer parti des possibilités qu'offrent les TIC du point de vue de l'amélioration des processus d'enseignement et d'apprentissage, ce qui compte, c'est donc de toute évidence non pas seulement la quantité mais la nature des formations assurées aux enseignants en informatique. Cette formation doit aller au-delà de l'acquisition de compétences en TIC et faire aussi une très large place aux compétences pédagogiques à posséder pour intégrer les TIC aux programmes et à la conduite de la classe. Une formation appropriée ne peut pas à elle seule aboutir à une utilisation plus efficace des TIC : il faut aussi s'attaquer aux obstacles organisationnels et structurels qui existent au sein de l'école.
Article de l’OCDE : analyse des politiques de l’éducation © OCDE 2005

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