Le
monde universitaire français
réfléchit de plus
en plus concrètement à
recourir aux nouvelles technologies
pour la formation des étudiants.
C'est ce qu'a permis de constater
le colloque « L'université
à l'ère du numérique
», qui s'est tenu à
Paris il y a quelques semaines,
du 22 au 24 mai derniers. Certaines
universités françaises
expérimentent ainsi l'utilisation
de podcasts et de blogs comme nouveaux
outils pédagogiques.
Le projet Podcast de Lyon-II est
testé depuis environ six
mois. Une vingtaine d'enseignants
en droit, en grammaire narrative,
en psychologie ou en histoire, enregistrent
leurs cours sur un iPod prêté
par l'université et doté
d'un micro. Ils les diffusent ensuite
en podcast sur leurs blogs. Une
solution qui ne permet pas de pallier,
pour un étudiant, une absence
en cours, mais qui fait office de
complément.
«
Cela permet aux étudiants
de se concentrer sur ce que présente
l'enseignant plutôt qu'uniquement
sur la prise de notes », remarquent
Marion Bonnet et Nicolas Truchaud,
tous deux responsables du projet
à Lyon-II. « Comme
ils peuvent réécouter
les cours librement, sur des lecteurs
nomades, ils n'ont plus la crainte
d'oublier un morceau du cours. Cela
leur permet d'être plus réactifs,
de poser des questions pendant le
cours, mais aussi d'être certains
de pouvoir réviser librement
et à leur rythme. Les enseignants
sont aussi très satisfaits,
car ce système, en soulageant
les élèves, rend les
cours plus interactifs ».
L'expérimentation va se prolonger
l'année prochaine (les amphis
devraient être équipés
de systèmes d'enregistrement)
et devrait être étendue
progressivement aux autres universités
de Lyon.
Les
blogs pour ajuster les cours
A
l'Université catholique de
Lille, les blogs sont, eux, l'objet
d'un cours spécifique, animé
par Jean-Paul Pinte, chargé
de l'innovation pédagogique
et des ENT (espaces numériques
de travail). Les étudiants
doivent tenir un blog et l'alimenter
de leurs travaux en matière
de veille des médias. Selon
Jean-Paul Pinte, le cours est suivi
avec assiduité, et les étudiants
alimentent leurs blogs bien après
la fin des cours. Il estime qu'en
visitant des blogs, les enseignants
peuvent mieux connaître les
attentes réelles des étudiants,
et donc ajuster leurs cours.
Les
jeux vidéo, eux, pourraient
aussi faire leur entrée à
l'université, comme outils
de formation. Sur ce point, la France
est moins avancée que d'autres
pays, anglo-saxons surtout, mais
l'idée gagne aujourd'hui
du terrain.
Albert-Claude
Benhamou, professeur d'université
et praticien au CHU de la Pitié-Salpêtrière
à Paris, également
président du comité
de pilotage du colloque, a souligné
tout l'intérêt qu'il
portait aux « serious games
». Il a notamment souhaité
que les facultés de médecine
puissent recourir un jour à
des jeux, tels que le tout récent
Under the Knife de Nintendo. Dans
ce jeu de simulation de bloc opératoire,
le joueur incarne un jeune chirurgien
et doit opérer des patients
en danger de mort... Selon lui,
un tel jeu permet l'apprentissage
de la prise de décision,
difficile à simuler dans
un cadre universitaire.
Aux Etats-Unis, plusieurs universités
utilisent le jeu Making History
pour apprendre l'histoire à
leurs étudiants. Une version
modifiée du jeu Neverwinter
Nights d'Atari sert, elle, à
l'Institute for New Media Studies
du Minnesota, comme support d'un
cours sur la collecte des informations.
Enfin, c'est le jeu Infiniteams
qui est utilisé en Ecosse
par le Perth and Dundee College
pour tester la capacité d'un
groupe d'étudiants à
s'organiser autour d'un leader pour
se sortir d'une situation complexe.
Article
de: Nathalie Bloch-Sitbon du site
: 01net.com, le 15/06/2006
Voir le site: 01net.com
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